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L'écrivain zimbabwéen Simbarashe Kundizeza, lauréat du Prix Caine le 6 octobre à Londres, est accusé d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour rédiger sa nouvelle primée, The Blue Fighter. La polémique a éclaté après la publication d'un article de The Atlantic signé par l'écrivaine et journaliste Vauhini Vara, qui affirme que le texte a été « généré presque entièrement » par une IA. L'intéressé nie en bloc.
Une détection par logiciel
Pour étayer ses soupçons, Vauhini Vara explique avoir soumis la nouvelle à Pangram, un logiciel de détection de contenus générés par l'intelligence artificielle. Selon cet outil, la quasi-totalité du texte aurait été produite artificiellement. L'article, intitulé « Un nouvel ouvrage gagnant d'un prix littéraire semble être le fruit de l'IA », a relancé le débat sur la place de ces technologies dans la création littéraire.
Le lauréat conteste
Simbarashe Kundizeza rejette catégoriquement ces accusations. « C'est entièrement mon propre travail », a-t-il déclaré le 13 octobre sur X. L'écrivain affirme vouloir poursuivre son travail d'écriture et continuer à célébrer cette distinction. Le Prix Caine, créé en 2000, récompense chaque année une nouvelle écrite en anglais par un auteur africain.
Le Prix Caine suit l'affaire
Dans un communiqué publié le même jour, l'organisation du Prix Caine a indiqué suivre l'affaire de près. Sa présidente du conseil d'administration, Ellah Wakatama, a toutefois exprimé des réserves quant à la fiabilité des outils de détection de l'IA. Invitée dans l'émission de radio Front Row de la BBC, elle s'est opposée à ce que ces logiciels soient considérés comme « un arbitre final » dans ce type d'affaire.
En réponse, Vauhini Vara soutient qu'avec Pangram, les faux positifs restent rares, s'appuyant sur un article scientifique vantant la grande précision de l'outil. Elle reconnaît néanmoins qu'il existe « relativement peu de recherches » sur le sujet.
Un précédent au Goncourt
La polémique autour du Prix Caine n'est pas un cas isolé. En septembre dernier, le roman C'était ça ou mourir, de l'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, a été retiré de la première sélection du prix Goncourt après des accusations de plagiat et de recours à l'intelligence artificielle. L'auteur a par la suite reconnu le plagiat, tout en continuant à nier avoir utilisé l'IA.
Ces affaires illustrent les tensions croissantes entre le monde littéraire et l'essor des outils de génération de texte. Si les jurys et les maisons d'édition tentent de s'adapter, la question de la preuve reste entière : les détecteurs d'IA, dont la fiabilité est débattue, ne fournissent pas de certitude absolue. En France, où le Goncourt a déjà été confronté à ce type de soupçons, le débat sur la transparence des auteurs et la régulation de ces technologies devrait se poursuivre.
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